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Le monde pharmaceutique ivoirien en mutation avec la Couverture Maladie Universelle (CMU)

Publié le : 1 octobre 2019

QU’EST-CE QUE C’EST LA CMU ?

La couverture sanitaire universelle est un concept international lancé avec l’Organisation des Nations Unis. En Côte d’Ivoire, ce concept porte le nom de couverture Maladie Universelle (CMU) et se définit comme étant un système obligatoire de couverture du risque maladie au profit des populations vivant sur le territoire ivoirien, qu’elles soient de nationalité ivoirienne ou pas. La CMU se fonde sur la solidarité nationale à travers la mutualisation du risque maladie et l’équité d’accès aux soins sans discrimination liée à l’âge, au sexe, à la religion, zone de résidence, aux antécédents pathologiques. La CMU est un service public dont la gestion est confiée à une Institution de Prévoyance Sociale dénommée Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), Etablissement de droit privé gérant une concession de service public. La loi sur la CMU institue le principe de l’assujettissement obligatoire des personnes résidant en Côte d’Ivoire. La CMU est donc une assurance obligatoire, un régime obligatoire de base. Les assurances privées existantes deviennent des assurances complémentaires à la CMU. Enfin, elle fonctionne suivant le principe du tiers payant.

QUEL EST SON BUT ?

Le but de la couverture maladie universelle est d’assurer la population vivant en Côte d’Ivoire afin d’avoir un accès équitable à des soins de santé de qualité à travers, des mécanismes de prise en charge collective et solidaire des dépenses de santé. Cette politique a été instaurée par la loi n°201413 du 24 mars 2014. Elle pilotée par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) et des Organismes de Gestion Déléguée assureront le contrôle des prestations. Le modèle est basé sur un ticket modérateur de 30% et un règlement des prestataires par le tiers payant (CNAM).

QUELLES ONT ÉTÉ LES ÉTAPES DE SA MISE EN PLACE ?

Après son lancement le 30 décembre 2014 par le Président de la République de Côte d’Ivoire, le processus d’enrôlement s’est étendu et sa mise en œuvre effective a débuté en avril 2017 par une phase pilote ciblant la population estudiantine. Pour la généralisation progressive, le début de prélèvement des cotisations est effectif depuis pour le 1er juillet 2019 et le début des prestations est prévu pour le 1er octobre 2019. Après plusieurs reports, les questions suivants se posent : Le démarrage sera-t-il effectif cette-fois ci? Comment l’approvisionnement en médicament est-il organisé ?Les ruptures de stock ne seront-elles pas fréquentes ? le système sera-t-il pérenne ?

ET LE SECTEUR PHARMACEUTIQUE ?

Le secteur pharmaceutique est fortement influencé par cette volonté politique visant à réduire le poids des dépenses en santé supportés par les ménages donc à lutter contre la pauvreté. L’augmentation des volumes de médicaments est évident. En Tunisie, l’avènement de la couverture sanitaire à multiplié par 4 les volumes de consommation. En Côte d’Ivoire , un système d’approvisionnement robuste et intégratif devait être défini. La stratégie adoptée est la centralisation de l’approvisionnement des médicaments au niveau de la Nouvelle PSP-CI pour leur distribution dans les réseaux publics et privés. Autrement dit, la Nouvelle PSP-CI sera en charge, une fois les besoins déterminés, de l’achat et de la mise à disposition aux différents circuits de distribution pour atteindre la patientèle des officines privées de pharmacies, des dépôts de pharmacie et des pharmacies à usage intérieur des établissements publics. Le secteur privé est approvisionné par le biais des Grossistes répartiteurs(GR). Les prestations des grossistes répartiteurs et des officines privées sont rémunérés directement par le patient à travers le règlement de la part de l’adhérent (30% de la valeur du médicament). Cette disposition permet de réduire l’impact négatif sur le besoin en fond de roulement.
Ainsi, le 20 mai 2019, sous l’égide de la Primature, différents accords ont été signés entre l’Ordre National des Pharmaciens, l’Union Nationale des pharmaciens privés de Côte d’ivoire et la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique d’une part et entre la Chambre Syndicale des répartiteurs privés et la Nouvelle PSP Côte d’Ivoire d’autre part. Ils portent sur entre autres, la distribution du médicament remboursable par la CMU dans les réseaux pharmaceutiques privé et public à un même prix, une meilleure collaboration entre la NPSP CI et les Industries pharmaceutiques locales et la consécration d’un caractère spécifique visuel (packaging, logo, étiquette) et financier aux médicaments fournis par la Nouvelle PSP-CI.

LES DÉFIS DE LA CMU ?

Au-delà des aspects d’architecture du système d’approvisionnement, la CMU a plusieurs défis à relever à savoir la disponibilité continue des médicaments, le règlement dans le délai des prestataires, l’insuffisance de l’offre de soins et des infrastructures sanitaires aggravées par le vieillissement du plateau technique, la bonne gouvernance de la CNAM, la consommation rationnelle des soins et des médicaments. Tous ces risques devront être anticipés par un financement adéquat et un suivi collectif.
Les conséquences de sa réussite sont une augmentation de l’accessibilité financière et la Lutte contre les médicaments de la rue.

 

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